À Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, la flambée du prix des denrées de première nécessité atteint un seuil critique : le gobelet de riz se négocie désormais à environ 2 300 FC, soit près de 1 dollar américain. Une situation qui fragilise directement le pouvoir d’achat des ménages et accentue la précarité sociale.
Pour l’analyste politique et consultant en communication, Pompon Beyokobana, cette crise des prix ne relève pas d’un simple déséquilibre de marché, mais traduit plutôt un « échec de gouvernance économique et logistique ». Face à cette tension, il formule une proposition en trois axes d’intervention urgente pour les autorités provinciales.
1. Axe Autorité : reprendre le contrôle du marché et des prix
Pompon Beyokobana estime que le gouvernement provincial doit rétablir son autorité économique :
« Le gouverneur doit activer la réquisition civile des transporteurs et imposer un prix plafond concerté. À 2300 FC le gobelet, on ne gère plus une province, on gère une cocotte-minute. La stabilité du ventre précède la stabilité des institutions ».
Dans cette logique, il appelle également à :
un encadrement strict des prix sur les marchés,
la lutte contre la spéculation et les abus commerciaux,
des mécanismes temporaires de stabilisation des coûts de transport et d’acheminement.
2. Axe Territoire : sécuriser et fluidifier la chaîne d’approvisionnement
Il recommande la création d’un « Corridor Riz Sécurisé Opala–Kisangani », avec :
déploiement sécuritaire pour fluidifier les flux,
exonération fiscale temporaire (6 mois) sur les produits alimentaires,
mise en place d’un dépôt provincial d’achat du paddy à prix plancher garanti.
« Opala n’est pas un problème, c’est la solution. Il faut couper l’herbe sous le pied des spéculateurs et redonner confiance aux cultivateurs Mbole et Lengola », souligne-t-il.
3. Axe Communication : transparence pour casser la spéculation
Troisième levier : la gestion de l’information économique.
Pompon Beyokobana propose le lancement d’un Bulletin Hebdo Prix & Stocks, diffusé sur radios locales et plateformes numériques comme WhatsApp, afin d’informer en temps réel sur l’évolution des prix et des stocks disponibles.
« La rumeur fait +20% sur le prix. La transparence fait -20% », insiste-t-il.
4. Des mesures contre la Bralima
Dans le débat public local, une autre revendication émerge du terrain : certaines vendeuses du marché central estiment que des acteurs industriels, notamment la société Bralima, devraient cesser d’acheter du paddy brut et plutôt investir dans leur propre production afin de stabiliser les prix.
Pour Pompon Beyokobana, la situation actuelle de Kisangani n’est pas une fatalité mais un signal d’alarme. Sans action coordonnée entre autorité, logistique territoriale et transparence économique, le risque est celui d’une inflation alimentaire durable susceptible de fragiliser davantage la cohésion sociale dans la Tshopo.
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