L’affaire des tracteurs agricoles continue de faire débat dans la province de la Tshopo. Depuis quelques jours, une information largement relayée sur les réseaux sociaux met en cause la gestion des engins agricoles annoncés pour la province et suscite de nombreuses interrogations.
À l’origine de cette polémique, un texte attribué au rapporteur de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Paul Lokesa, député provincial élu du territoire de Yahuma.
Dans cette publication, l’élu aurait dénoncé un détournement d’environ onze tracteurs de la Tshopo et aurait exigé leur restitution. Ces accusations, qui mettent notamment en cause la ministre provinciale de l’Agriculture, Bijoux Koy, ont rapidement suscité des vives réactions et affecté l’image de la ministre ainsi que celle de l’exécutif provincial, dont elle est membre.
Face à cette controverse, La Cloche du Congo a cherché à vérifier les faits et à comprendre l’origine de la confusion autour du nombre réel de tracteurs destinés à la Tshopo.
Les investigations menées par notre rédaction révèlent qu’un document émis par le Service national de motorisation agricole (SENAMA/Tshopo) serait au cœur de cette controverse.
Intitulé « Proposition d’affectation de tracteurs et d’engins agricoles au sein des brigades agricoles », le document prévoit l’affectation de dix tracteurs à différentes brigades agricoles réparties à travers la province.
Parmi les sites mentionnés figurent notamment Lula, Bangoka, Alibuku, Lilanda, Mosite, Bengamisa, Imbolo, Kandagba, Vovo-Bosongo et Banakanuke. Le document précise également, pour chaque site, le territoire ou la zone concernée, le rayon d’action ainsi que la structure ou la personne appelée à assurer la gestion de l’engin.
C’est notamment la présence de ces dix tracteurs dans ce document qui aurait alimenté la confusion, certains ayant pu considérer qu’il s’agissait du nombre d’engins effectivement livrés à la Tshopo.
Selon les éléments recueillis par La Cloche du Congo, le gouvernement central n’a cependant envoyé que sept tracteurs à la Tshopo dans le cadre du premier lot, et non les dix engins mentionnés dans le document du SENAMA.
Les informations disponibles indiquent que, sur ces sept tracteurs, un destiné à Ubundu a été récupéré par le député national Masanga depuis Kinshasa ; un autre destiné à Isangi a été récupéré par le député provincial Fidèle Makofi ; celui de Yahuma a été récupéré par les députés provinciaux Lokesa et Pilipili, ainsi que par le représentant du député national Gaspard Ngondankoy.
Les tracteurs destinés à Basoko et Banalia sont, pour leur part, toujours conservés au ministère provincial de l’Agriculture, en attendant leur récupération. Celui destiné à Opala a été remis aux députés provinciaux Aimé Eyane et Vicky Ilongo, tandis que le tracteur destiné à Bafwasende a été remis au député provincial Simon Masimango.
Une source au sein du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire apporte également une précision importante : en dehors des sept tracteurs du premier lot, la Tshopo n’a pas encore reçu d’autres engins agricoles.
Les autres tracteurs actuellement entreposés à Kisangani, notamment sur le site de Cimestan, ne sont donc pas destinés à la Tshopo. Ils appartiennent à d’autres provinces et devraient être récupérés par leurs bénéficiaires respectifs à partir de Kisangani. Leur gestion relève, selon cette même source, du ministère national de l’Agriculture.
Ainsi, les documents consultés permettent de mieux comprendre l’origine de la polémique. Le document du SENAMA fait état d’une proposition d’affectation de dix tracteurs, alors que les informations recueillies auprès des sources consultées font état de sept tracteurs effectivement envoyés à la Tshopo dans le premier lot.
Cette différence entre le nombre prévu dans le document d’affectation et celui effectivement réceptionné semble avoir nourri la confusion qui s’est largement répandue sur les réseaux sociaux.
Rédaction.
