Invité de l’émission « Dialogue entre Congolais » sur Radio Okapi, lundi 31 août, le député national professeur Patrick Matata Makalamba, élu de la ville de Kisangani et cadre de l’UDPS/Tshisekedi, a fermement défendu l’initiative du Dialogue national annoncée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour l’élu de Kisangani, ce processus soutenu totalement par son parti UDPS, doit offrir aux Congolais un cadre leur permettant de réfléchir collectivement à l’avenir du pays, à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, sans remettre en cause les institutions issues des urnes.
Patrick Matata a ainsi réaffirmé son soutien à l’initiative du garant de la Nation, qu’il qualifie de « très responsable » et révélatrice d’un « sens profond de l’État ».
L’un des principaux arguments avancés par le député de l’UDPS concerne la méthode retenue par le chef de l’État. Patrick Matata met notamment en avant une démarche « bottom-up », c’est-à-dire du bas vers le haut, jamais appliquée lors des précédents dialogues.
Selon lui, le processus doit partir des 26 provinces, afin de recueillir les préoccupations des populations à la base avant leur consolidation au niveau national.
Cette approche, estime-t-il, permettra de ne pas concentrer la réflexion uniquement à Kinshasa et de faire remonter au niveau national les réalités vécues dans les différentes provinces.
Il souligne également la diversité des composantes appelées à prendre part à ce processus : autorités provinciales et coutumières, jeunes, société civile, confessions religieuses, universitaires, milieux professionnels et économiques, ainsi que les acteurs de la majorité et de l’opposition.
Personne ne doit être exclu dit l'élu de Kisangani.
Sur la question de l’inclusivité, régulièrement soulevée par certains acteurs de l’opposition, Patrick Matata estime qu’il convient de faire une distinction entre l’opposition politique et les groupes qui prennent les armes contre l’État.
Il défend, à cet effet, un dialogue « verticalement et horizontalement organisé » tel que décidé par le chef de l’État, permettant aux différentes composantes de la société congolaise de contribuer aux réflexions.
Pour lui, personne ne devrait être exclu du processus en raison de ses opinions politiques, de son origine ou de son appartenance sociale. Il maintient toutefois la distinction avec les groupes engagés dans une confrontation armée contre l’État et l’ordre constitutionnel, qui discute avec le gouvernement congolais dans un autre cadre.
Autre ligne rouge défendue par le député de l’UDPS : le Dialogue national ne doit pas devenir un mécanisme de partage ou de redistribution du pouvoir. Patrick Matata insiste sur la nécessité de préserver les institutions issues des urnes et de faire du Dialogue un espace de réflexion, de propositions et de recherche de solutions susceptibles de renforcer l’État et non un rendez-vous de partage du gâteau.
Dans cette perspective, le consensus recherché devrait contribuer à consolider les institutions, la paix et la cohésion nationale, plutôt qu’à les fragiliser.
La position défendue par Patrick Matata s’inscrit dans la ligne officielle de l’UDPS/Tshisekedi. Le parti présidentiel avait annoncé, le 28 août dernier, son « soutien total, ferme et sans réserve » à l’initiative du chef de l’État en faveur d’un Dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, tout en présentant Félix Tshisekedi comme un père de la nation œuvrant sans relâche pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État congolais.
La prise de position de Patrick Matata apparaît ainsi comme un prolongement de cette orientation politique. Alors que certains acteurs de l’opposition, notamment la Coalition Article 64, contestent le caractère suffisamment inclusif du processus, le député appelle à attendre la mise en place effective du cadre d’organisation ainsi que la définition précise des modalités de participation avant de condamner l’initiative.
Pour lui, l’enjeu est désormais de dépasser les clivages politiques afin de permettre aux Congolais de construire eux-mêmes des réponses aux défis auxquels le pays est confronté, tout en préservant la continuité des institutions de la République.
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