Le député national professeur Patrick Matata Makalamba, élu de Kisangani, a formulé trois pertinentes recommandations pour la réussite des projets agricoles en RDC.
Il s'agit de soutenir les entrepreneurs déjà actifs, payer régulièrement les producteurs locaux de semences et renforcer la collaboration avec les institutions de recherche et d’animation rurale.
Il s’est exprimé mercredi 21 octobre à l’Assemblée nationale, lors de l’examen de la question orale avec débat de la députée Hermione Bolumbe Bakando, adressée au ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, sur la situation générale du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB).
Soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), ce programme gouvernemental vise à accompagner les jeunes dans la création d’entreprises agro-pastorales et agroalimentaires, afin de lutter contre le chômage et de renforcer la sécurité alimentaire.
Sa phase pilote concerne notamment la Tshopo, Kinshasa, le Kongo Central, le Sud-Kivu, le Haut-Katanga, le Haut-Lomami, le Kwilu et le Kwango.
Dans son intervention, l'honorable Patrick Matata Makalamba a souligné que ce projet pouvait contribuer à la réalisation de cinq Objectifs de développement durable ( ODD), à savoir la lutte contre la pauvreté et la faim, la croissance économique durable, la réduction des inégalités et la promotion d’une production et d’une consommation responsables.
Il a toutefois dénoncé les dysfonctionnements graves dans la gestion du PEJAB, évoquant des manœuvres frauduleuses dans la sélection des bénéficiaires, dont certains n’auraient eu ni résidence, ni activité, ni ancrage réel dans la Tshopo.
Il a ainsi soutenu la mise en place d’une commission d’évaluation pour prévenir la répétition de telles pratiques.
L’élu du peuple a également déploré la faible prise en compte du potentiel agricole de la Tshopo, qui compte, selon les chiffres avancés dans son intervention, 15,95 millions d’hectares de terres arables, soit près de 20 % du total national.
La province dispose aussi d’institutions de référence, dont l’Université de Kisangani, l’IFA Yangambi, l’INERA et l’ISEA Bengamisa.
Pour remédier à ces insuffisances, il préconise de soutenir les entrepreneurs agricoles déjà actifs, de garantir le paiement régulier des agri-multiplicateurs congolais, qui attendent parfois deux à trois ans leur rémunération contrairement aux fournisseurs étrangers, et de renforcer les partenariats avec les institutions de recherche et d’animation rurale.
Tout en saluant les efforts du ministre Muhindo Nzangi, qu’il estime avoir trouvé le projet à seulement quatre mois de son terme, Patrick Matata Makalamba a attribué les faibles résultats du PEJAB notamment aux problèmes de management, à la faible capacité d’absorption et aux insuffisances de ses responsables.
De son côté, insatisfaite des réponses du ministre, Hermione Bolumbe Bakando a annoncé son intention de transformer sa question orale avec débat en motion de défiance.
Rédaction
