Réunie à Rome du 25 au 27 octobre 2026, la Coalition Article 64 (C64) annonce une initiative politique visant à rapprocher Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour rechercher une issue négociée à la crise congolaise.
Dans sa déclaration finale, elle réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution destinée à prolonger le pouvoir et plaide pour un dialogue national inclusif.
La Coalition Article 64 (C64) entend jouer un rôle actif dans la recherche d’une solution à la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. À l’issue de son conclave tenu à Rome, en Italie, du 25 au 27 octobre 2026, cette plateforme de l’opposition a annoncé son intention de rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila afin de favoriser l’ouverture d’un véritable dialogue national inclusif.
Dans sa déclaration finale, la coalition estime que la gravité de la situation politique, économique et sécuritaire exige un dépassement des divergences politiques au profit de l’intérêt national. Elle entend également mener des démarches auprès des partenaires internationaux de la RDC pour obtenir leur soutien à une solution durable et négociée à la crise.
*La Constitution au cœur des préoccupations*
La C64 réaffirme son attachement à la Constitution du 18 février 2006 et s’oppose à toute initiative susceptible de remettre en cause les dispositions constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels. Elle considère notamment qu’une loi sur le référendum ne peut contourner les limites fixées par l’article 220 de la Constitution.
La coalition rejette ainsi toute perspective de troisième mandat présidentiel, tout report des élections prévues en 2028 ou toute stratégie visant à maintenir les dirigeants au pouvoir en dehors des échéances constitutionnelles.
Elle rappelle également que son exigence de respect de la Constitution s’adresse à tous les acteurs politiques, y compris au pouvoir en place et aux mouvements armés. Dans cette logique, elle condamne aussi bien les tentatives de conquête du pouvoir par les armes que les manœuvres susceptibles de prolonger un régime au-delà des limites constitutionnelles.
*Un dialogue pour sortir de la crise sécuritaire*
Face à la persistance des combats et aux risques de fragmentation du territoire national, la C64 estime qu’aucune solution exclusivement militaire ne permettra de résoudre durablement la crise congolaise.
Elle plaide pour un dialogue national réunissant toutes les parties concernées, sans exclusion, afin de favoriser la cessation des hostilités, la réunification du pays et le rétablissement de la confiance entre les acteurs politiques.
La coalition appelle également à la mise en œuvre effective des engagements du processus de Doha, notamment en ce qui concerne le respect du cessez-le-feu, la protection des populations civiles et l’accès humanitaire. Elle demande par ailleurs l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoit notamment le retrait des troupes étrangères du territoire congolais.
Concernant les initiatives diplomatiques, la C64 souhaite relancer la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, en articulation avec la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC).
Sur le plan des libertés publiques, la coalition réclame la fin des arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires, des intimidations et des entraves aux activités politiques pacifiques. Elle demande également le retour des exilés ainsi que la libération des personnes détenues en raison de leurs opinions ou de leur engagement civique.
Dans cette déclaration, la C64 exige expressément la libération de Marley Vuvu, de Prince Epenge et de Stéphane Shiso. Elle réclame aussi des enquêtes indépendantes et crédibles, notamment internationales, sur les violences dénoncées lors des manifestations du 12 juin et du 15 septembre 2026, ainsi que sur l’assassinat de Manassé Lomboto.
Pour la coalition, l’établissement des faits, l’identification des responsabilités, la protection des victimes et des témoins ainsi que la réparation des préjudices doivent relever d’une justice impartiale.
La C64 affirme par ailleurs vouloir préserver les engagements stratégiques issus de l’accord de Washington, tout en insistant sur la nécessité de consolider la stabilité, d’améliorer le climat des affaires et de lutter contre la corruption dans le respect de la Constitution.
Franck Yenga
