Face aux critiques concernant la réhabilitation des routes Kisangani-Opala-Otala et Kisangani-Ubundu, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a apporté des précisions sur les financements, les taux d’exécution des travaux et l’appui en carburant accordé par la province du Maniema. Il a rejeté toute accusation de détournement et évoqué les mesures prises face aux retards constatés.
Répondant, ce mardi 27 octobre 2026, à la question orale avec débat du député provincial Senold Tandia Akomboyo, devant l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Paulin Lendongolia a clarifié la situation de ces deux chantiers routiers vivement critiqués. Il a affirmé que les financements prévus dans les contrats proviennent du gouvernement central et que les paiements ont été effectués directement aux entreprises exécutantes, conformément aux procédures des marchés publics.
Concernant la route nationale n° 7 Kisangani-Opala-Otala, longue de 309 kilomètres, le contrat signé le 6 septembre 2024 avec la société Kas Logistic Company S.A.R.L. porte sur un montant global de 12 259 769,30 dollars américains, toutes taxes comprises, pour une durée initiale d’exécution de 36 mois. Le premier paiement, correspondant à 30 % du marché, s’élève à 3 677 930,79 dollars, dont 598 468,92 dollars au titre de la TVA.
Selon les données de contrôle présentées par le gouverneur, les travaux d’ouverture de la piste ont atteint le point kilométrique 75, tandis que les travaux livrables ne couvrent que 18 kilomètres, soit 10,5 % d’exécution physique. Face à ce faible taux d’avancement, le gouverneur affirme avoir adressé une mise en demeure à l’entreprise, l’enjoignant de respecter ses obligations contractuelles, sous peine de résiliation du marché.
L’entreprise aurait justifié ce retard par le décaissement tardif de l’avance de démarrage, intervenu plus d’un an après la signature du contrat, ainsi que par des entraves aux travaux au point kilométrique 32, qu’elle attribue à des individus qu’elle accuse d’avoir été instrumentalisés par certains acteurs politiques. Ces incidents auraient occasionné environ six mois de retard. L’entreprise aurait, par ailleurs, promis de renforcer ses équipements afin d’accélérer l’exécution du chantier.
S’agissant de la route Kisangani-Ubundu, longue de 128 kilomètres, le marché s’élève à 4 947 897,46 dollars, toutes taxes comprises, pour une durée maximale d’exécution de 24 mois. Le premier versement de 30 %, soit 1 484 369,23 dollars, a été effectué directement sur le compte de l’entreprise exécutante. La TVA prélevée à la source représente 237 499,07 dollars.
D’après les chiffres présentés par le gouverneur, les travaux d’ouverture de la piste ont atteint le point kilométrique 128, tandis que les travaux livrables couvrent 60 kilomètres, soit 60,35 % d’exécution physique. Paulin Lendongolia a également évoqué un retard lié au décaissement tardif de l’avance de démarrage.
Concernant l’appui en carburant apporté par la province du Maniema, le gouverneur a expliqué que cette intervention faisait suite à une sollicitation de son homologue du Maniema, compte tenu de l’importance interprovinciale de cette route. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un financement définitif, mais d’un prêt remboursable par la province de la Tshopo, encadré par un protocole d’accord signé en mars 2025.
Selon lui, l’entreprise chargée des travaux a déjà bénéficié de 435 fûts de carburant, dont le remboursement doit s’effectuer conformément aux modalités prévues dans cet accord. Face aux polémiques suscitées par cette assistance, son gouvernement a décidé de suspendre la réception de nouveaux approvisionnements provenant des opérateurs économiques du Maniema.
Au sujet des soupçons de détournement des fonds affectés aux deux chantiers, le gouverneur a fermement rejeté toute implication personnelle ou celle d’un membre de son gouvernement.
« Mon éthique et mon éducation ne me permettent pas de détourner les fonds publics », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que les paiements sont passés des comptes publics à ceux des entreprises exécutantes, sans intervention de sa part dans ces opérations.
Rédaction
