Face à la disparition des terres agricoles, aux pertes post-récolte et à la dépendance de Kinshasa aux légumes importés, Gisèle Bombele, conseillère au ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, a plaidé pour une transformation de l’agriculture urbaine.
Intervenant au huitième panel de la troisième journée de l’Expo Béton 2026, Gisèle Bombele a préconisé l’agriculture verticale, la protection juridique des terres agricoles et la création d’une ceinture verte autour des grandes villes.
S’appuyant sur la vision agricole du président de la République intitulée la « revanche du sol sur le sous-sol » et sur la politique de « révolution agricole agressive », exécutée par le ministre de l'agriculture et sécurité alimentaire MUHINDO NZANGI, Gisèle Bombele a défendu une agriculture capable de renforcer la sécurité alimentaire, de créer des emplois et de réduire les sorties de devises.
Son plaidoyer de haut niveau s’inscrit dans la recherche de solutions concrètes aux défis agricoles, un domaine dans lequel elle mène également plusieurs projets de promotion de l’agriculture à Kisangani.
Pour illustrer l’urgence, la conseillère a souligné le recul des superficies consacrées aux cultures maraîchères à Kinshasa. Selon les chiffres présentés lors du panel, la capitale est passée d’environ un million d’habitants en 1970, avec 11 000 hectares dédiés au maraîchage, à une population estimée entre 17,5 et 20 millions en 2026, pour seulement 6 000 hectares disponibles.
« Tous les espaces qui étaient destinés à l’exploitation agricole à Kinshasa sont menacés par l’accroissement des immeubles qui poussent comme des champignons », a-t-elle déploré, appelant à mieux intégrer l’agriculture dans la planification urbaine.
Autre défi majeur à révéler selon Gisèle Bombele est les pertes après récolte, estimées par l’intervenante à 40 % de la production, notamment en raison du manque de chambres froides, de séchoirs et des difficultés de transport. Elle a également évoqué une dépendance de Kinshasa aux légumes importés à hauteur de 85 %, soit environ 145 000 tonnes pour une dépense évaluée à 196 millions de dollars.
Pour inverser cette tendance, Gisèle Bombele préconise de rapprocher la production des consommateurs grâce à l’agriculture verticale, notamment sur les toits des bâtiments et dans certains espaces publics. Elle insiste aussi sur la restauration de la fertilité des sols, dont la dégradation réduit considérablement les rendements agricoles.
Au-delà des techniques de production, elle appelle à des mesures légales pour protéger durablement les terres agricoles. Sa proposition phare : instituer une ceinture verte autour des grandes agglomérations, en réservant 15 % des terres arables dans les villes de plus de 500 000 habitants aux activités agricoles.
Elle invite ainsi les parlementaires à soutenir un cadre juridique capable de concilier l’expansion immobilière et la préservation des espaces nourriciers, tout en plaidant pour une politique commerciale favorisant la production locale.
À travers son intervention à Expo Béton 2026, Gisèle Bombele, véritable dame de fer qui finance, à travers sa fondation, un important projet de promotion de l’agriculture à Kisangani, a défendu une vision du développement dans laquelle l’agriculture occupe une place essentielle dans l’urbanisme et la croissance économique.
Son message était assez clair : préserver les terres, moderniser les méthodes de culture et mieux valoriser les récoltes sont autant de leviers pour renforcer la souveraineté alimentaire de la RDC et faire bénéficier davantage les producteurs congolais de la demande nationale.
Rédaction
