L’Organisation non gouvernementale Ukumbusho tire la sonnette d’alarme sur la gestion judiciaire du dossier de l'ancien coordonnateur national a.i du FRIVAO, Chançard Bolukola, dénonçant une lenteur qu’elle qualifie de préoccupante et contraire aux principes de l’État de droit.
Dans un communiqué daté du 26 janvier parvenu à la rédaction de La Cloche du Congo, cette ONG engagée dans la promotion de la justice et des droits humains exprime sa vive inquiétude face à l’absence d’évolution judiciaire, plus de six mois après l’arrestation de l’ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO.
Arrêté le 25 juillet 2025 et nommé coordonnateur intérimaire du FRIVAO le 12 août 2024 par le ministre de la Justice, Chançard Bolukola est poursuivi pour des faits présumés de malversation des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda dans l’Est de la RDC (1998-2003).
Selon Ukumbusho, le prévenu a déjà été entendu à plusieurs reprises par différentes instances de l’État, notamment l’Inspection générale des finances (IGF), le Parquet général près la Cour de cassation, le Parquet général près la Cour d’appel de la Gombe, la CENAREF ainsi que le Conseil national de cybersécurité.
Malgré ces auditions, l’ONG déplore que le dossier ne soit toujours pas examiné au fond par le juge compétent de la Cour d’appel de la Gombe, évoquant des renvois successifs jugés complexes et injustifiés.
Pour Ukumbusho, cette situation constitue une violation manifeste des principes de célérité, du délai raisonnable et du droit à un procès équitable, pourtant garantis par la Constitution congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains auxquels la RDC est partie.
L’organisation rappelle par ailleurs qu’aucune infraction présumée, aussi grave soit-elle, ne saurait justifier la violation des droits fondamentaux de la personne humaine.
Face à cette situation, Ukumbusho dénonce fermement les irrégularités constatées tant dans la phase pré-juridictionnelle que juridictionnelle, et appelle les autorités judiciaires compétentes à traiter ce dossier avec diligence, dans le strict respect de la loi et des engagements internationaux de la RDC.
Rédaction.
