À l’issue d’une mission de descente et de monitoring effectuée sur place, l’organisation affirme avoir constaté des violations massives des droits humains et un abandon prolongé de la population carcérale.
Dans une déclaration faite à la presse ce mardi 10 février, le Manager national du BIDH, Patrick Mupasa, a dénoncé ce qu’il considère comme un désengagement total des autorités compétentes.
Selon les constats recueillis, depuis plus de trois trimestres, ni le Gouvernement central ni le Gouvernement provincial n’auraient assuré l’approvisionnement régulier de la prison en vivres et produits de première nécessité.
Une situation qui, selon le BIDH, plonge les détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes.
Parmi les faits relevés figurent l’absence totale de nourriture fournie par l’État et le manque criant de médicaments.
Les détenus seraient exposés à de graves risques sanitaires, faute de soins de santé appropriés.
Le BIDH évoque également une violation systématique du droit de visite, pourtant garanti aux personnes privées de liberté.
L’organisation dénonce par ailleurs des pratiques de corruption et d’extorsion au sein du personnel chargé de la garde de la prison.
Des policiers et militaires exigent illégalement des sommes variant entre 1.000 et 5.000 francs congolais pour autoriser les visites aux détenus. Pour le BIDH, ces pratiques constituent une violation flagrante de la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que des instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Face à cette situation, le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme interpelle urgemment les autorités nationales et provinciales afin qu’elles assument leurs responsabilités légales.
Le BIDH exige entre autres :
L’approvisionnement immédiat de la prison en nourriture, médicaments et produits sanitaires ; l’ouverture d’enquêtes sur les actes présumés d’extorsion et de corruption ;
la restauration effective des droits fondamentaux des détenus.
Le BIDH rappelle que, bien que privés de liberté, les détenus conservent leur dignité humaine et leurs droits fondamentaux.
En l’absence de mesures urgentes, le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme se réserve le droit de saisir les instances nationales et internationales compétentes afin de faire cesser ces violations.
Rédaction.
