Le mouvement citoyen Filimbi a organisé, ce samedi 21 février, une session de formation à l’initiation à l’activisme dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa.
Contrairement aux actions de rue souvent associées aux mouvements citoyens, cette activité s’est voulue avant tout pédagogique, axée sur la prise de conscience, l’identité citoyenne et la responsabilité sociale.
L’objectif principal de cette rencontre était de doter les jeunes de bases idéologiques et éthiques de l’activisme.
Pour les organisateurs, l’engagement citoyen ne peut être efficace sans compréhension des valeurs qui le fondent, notamment la justice sociale, la responsabilité individuelle et l’intérêt général.
« On ne devient pas activiste par hasard. Cela commence par la prise de conscience de son rôle de citoyen, capable d’agir pour le bien commun », a expliqué Christophe Muyisa, coordonnateur chargé du réseau au sein du mouvement.
Selon lui, l’activisme ne doit pas être perçu comme une posture d’opposition systématique, mais comme une démarche constructive.
« Un activiste n’est pas un opposant. Il reconnaît les bonnes actions, mais dénonce également les injustices et la mauvaise gouvernance », a-t-il précisé.
Au-delà de la mobilisation, la formation a insisté sur la dimension éducative de l’engagement citoyen. Les participants ont été sensibilisés au rôle des activistes dans :
- la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gestion,
- la sensibilisation communautaire aux problèmes sociaux,
- la promotion de la participation citoyenne au niveau des quartiers, communes et provinces.
Pour Filimbi, l’activisme constitue un levier de transformation sociale lorsqu’il repose sur des méthodes pacifiques, structurées et ancrées dans les réalités locales.
Plusieurs jeunes présents ont exprimé leur volonté de s’engager au sein du mouvement citoyen Filimbi afin de défendre les intérêts de leurs communautés.
Dans un contexte marqué par le chômage, les inégalités sociales et le déficit de confiance envers les institutions, ces initiatives apparaissent pour certains comme un espace d’expression et d’action.
Dans un pays où les activistes sont parfois confrontés à des pressions, des arrestations ou des intimidations, la question du coût de l’engagement reste posée.
Être activiste en RDC oscille souvent entre acte de courage et forme de sacrifice, surtout pour les jeunes qui s’exposent publiquement pour dénoncer les dérives sociales et politiques.
Pour les responsables de Filimbi de Kinshasa, la transformation du pays passe par une citoyenneté active et consciente. Ils estiment que le changement durable viendra moins des discours que de l’implication quotidienne des citoyens dans la gestion de la chose publique.
Franck Yenga
