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Kisangani : après un 10ᵉ braquage, l’APUKIS réclame une autorisation collective de port d’armes pour les professeurs de l’UNIKIS

Rédaction
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L’insécurité frappe de nouveau les enseignants de l’Université de Kisangani (UNIKIS). Dans la nuit de jeudi 12 au vendredi 13 février 2026, un autre professeur a été victime d’un braquage à son domicile, situé sur la 1ère avenue, quartier des Musiciens, dans la commune de Makiso.

Des hommes armés ont escaladé le mur de la parcelle, forcé les portails et brisé la porte d’entrée avant d’emporter deux motos, malgré les cris de détresse de la famille et l’alerte lancée aux voisins. Ce nouveau cas porte à dix le nombre de professeurs de l’UNIKIS attaqués en l’espace d’un mois et demi.

Si l’on ajoute deux enseignants de l’IFA et un assistant dépouillé de sa voiture et de ses biens, cela porte à treize le nombre des agents de l’enseignement supérieur et universitaire de Kisangani, victimes de vols à mains armées. 

Face à cette série noire, le président de l’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS), le professeur Jean-Pierre Lifoli Balea, hausse le ton.

Dans une déclaration faite à la presse ce vendredi, il a exprimé sa compassion à la famille du professeur agressé, tout en dénonçant une situation devenue « révoltante». « Nous avions connu une accalmie d’un mois. Aujourd’hui, les bandits reviennent et nous ciblent de nouveau », a-t-il déploré.

L’attaque s’est produite à moins de 500 mètres du gouvernorat de province, non loin du collège Maélé, en plein centre-ville.

Pour l’APUKIS, ce détail est alarmant. Si des bandits peuvent opérer au cœur de Makiso, qu’en est-il des quartiers périphériques comme Lumbulumbu, PK8, Kabondo ou Simisimi ? Les professeurs estiment être devenus des cibles, perçus à tort comme des personnes aisées. « Pourtant, s’il faut compter les pauvres, c’est avec nous », ironise le président de l’APUKIS.

L’association rappelle avoir déjà saisi la Police nationale et les autorités compétentes. Elle avait demandé le renforcement des effectifs, l’amélioration de la mobilité des policiers et des moyens de communication. Mais, selon elle, les réponses tardent. Les difficultés liées à l’état de la voirie urbaine et aux perturbations des réseaux téléphoniques compliqueraient les interventions rapides.

Excédée, l’APUKIS n’exclut plus un arrêt de travail si la sécurité n’est pas garantie. « L’enseignement et la recherche ne riment pas avec l’insécurité », prévient le professeur Jean-Pierre Lifoli. Les enseignants redoutent désormais le pire : « Nous ne voulons pas enterrer un collègue victime des bandits. »

Dans un plaidoyer direct au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, l’APUKIS demande une autorisation collective de port d’armes pour les 298 professeurs de l’UNIKIS.

Pour le président de l'APUKIS, il devient difficile d’affecter un policier devant chaque domicile des professeurs. « Si l’État ne peut pas nous sécuriser individuellement, qu’il nous autorise à nous protéger nous-mêmes », insiste-t-il.

Il invoque le droit à la vie et à la sécurité, estimant que les enseignants, assimilés protocolairement à un rang élevé dans l’administration publique, ne devraient pas être laissés sans protection.

Rédaction.

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