Décédé la semaine dernière à Kisangani, Aaron Singole, un enfant vivant dans la rue, a été inhumé ce lundi 30 mars 2026. Peu avant son inhumation, des hommages lui ont été rendus à la place des Martyrs, à l’initiative du professeur Trésor Grison Kakumbi.
Mobilisée depuis plusieurs années en faveur des plus vulnérables, la Fondation Marie Mwape pour la promotion sociale n’a pas manqué ce dernier rendez-vous.
Conduite par son initiatrice, la philanthrope Marie Mwape Kashimbo, une importante délégation de la fondation s’est d’abord rendue à la morgue de Kabondo, avant de rejoindre la place des Martyrs, où plusieurs enfants de la rue étaient réunis pour pleurer leur camarade.
Devant le cercueil du jeune Aaron, Marie Mwape Kashimbo s’est inclinée, visiblement attristée et bouleversée.
Entourée d’enfants en pleurs, elle a tenu à se recueillir et à transformer ce moment de douleur en un appel fort à la responsabilité parentale et à la solidarité.
« C’est avec tristesse que nous venons assister aux obsèques d’un enfant qui vivait et est mort dans la rue. Pour nous, ce n’est pas une fierté. Une femme donne la vie, et jamais elle ne devrait abandonner cet enfant. Je voudrais dire à mes sœurs de la Tshopo : oui, les difficultés existent, mais aucune situation ne justifie qu’un enfant soit livré à la rue. Cet enfant que nous enterrons aujourd’hui est mort dehors, et cela nous interpelle profondément en tant que femmes », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur le rôle fondamental de la mère dans la protection et l’accompagnement de l’enfant, tout en réaffirmant l’engagement de sa fondation à soutenir ceux qui restent livrés à eux-mêmes.
« Une mère porte son enfant pendant neuf mois, le met au monde et doit l’accompagner jusqu’à l’âge adulte. Nous sommes ici pour pleurer, mais aussi pour réconforter ceux qui restent. Nous allons continuer à les assister, avec les moyens que Dieu nous donne, parce que ces enfants ont besoin d’amour, d’encadrement et d’un avenir. »
Aux côtés de la fondatrice, les membres de la fondation ont également exprimé leur tristesse face à une situation qu’ils jugent alarmante. Le président Tchomba a rappelé la mission de leur structure :
« Ces enfants sont nés dans des familles, mais se retrouvent abandonnés dans la rue, qui pourtant ne donne pas la vie. Le rôle de notre fondation est de les récupérer, de les encadrer et de leur redonner une dignité. La mort de l’un d’eux nous touche profondément et nous oblige à agir davantage. »
Même son de cloche du côté du psychologue Robert Nongo, qui voit dans ce drame un signal d’alarme :
« Aaron était un enfant en rupture familiale que nous accompagnions depuis 2021. Il a fait preuve d’une grande résilience dans un environnement extrêmement difficile. Sa disparition doit nous interpeller collectivement : un enfant n’a pas sa place dans la rue. Il doit grandir en famille et devenir un acteur de demain. Il est urgent de renforcer les mécanismes de prise en charge et de réinsertion, notamment par la création d’un centre d’accueil et d’encadrement pour les enfants abandonnés. »
Au-delà des mots, la fondation a posé un geste concret en apportant une assistance aux enfants présents, visiblement affectés par la perte de leur camarade.
Pour beaucoup d’entre eux, Marie Mwape Kashimbo incarne désormais une figure maternelle, un repère dans un quotidien marqué par l’incertitude.
Rédaction
