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RDC : Plamedi Bamatafe appelle à revoir l’interdiction des baleinières en bois pour préserver les moyens de subsistance des populations

Rédaction
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Plamedi Bamatafe, citoyenne congolaise et activiste des droits humains, appelle le gouvernement congolais à réexaminer la décision interdisant la circulation des baleinières en bois sur les cours d’eau et les lacs du pays. 

Dans une correspondance adressée au Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, elle plaide pour une approche progressive conciliant la sécurité de la navigation et la protection des moyens de subsistance des populations riveraines.

Dans sa lettre adressée au Vice-Premier ministre, l’activiste exprime son inquiétude face aux conséquences humaines, sociales et économiques que pourrait entraîner l’application d’une interdiction généralisée des baleinières en bois, particulièrement dans les provinces enclavées du pays.

Elle souligne que, dans plusieurs territoires du Grand Bandundu, du Maï-Ndombe, de l’Équateur, de la Mongala, de la Tshuapa, du Tshopo, du Nord-Ubangi et du Sud-Ubangi, les voies navigables constituent souvent le principal moyen de déplacement et d’approvisionnement des communautés locales.

Pour Plamedi Bamatafe, l’interdiction de ces embarcations sans mesures d’accompagnement risque de fragiliser davantage les populations qui dépendent du transport fluvial pour leurs activités économiques quotidiennes.

Les petits commerçants, les pêcheurs, les maraîchers et les agriculteurs figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences de cette décision. La réduction des possibilités de transport pourrait entraîner une hausse des prix des produits de première nécessité, une baisse des revenus des ménages et un renforcement de l’isolement des zones difficiles d’accès.

L’activiste estime ainsi que les réalités du Congo profond doivent être davantage prises en compte dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques relatives au transport fluvial.

« La sécurité ne doit pas exclure le développement économique, elle doit l’accompagner », soutient-elle dans sa correspondance, appelant les autorités à privilégier une démarche fondée sur le dialogue, la concertation et la prise en compte des besoins des populations concernées.

*Cinq mesures proposées au gouvernement*

Face à cette situation, Plamedi Bamatafe formule cinq recommandations à l’endroit du gouvernement congolais.

Elle demande, en premier lieu, le réexamen de l’interdiction globale des baleinières en bois, en tenant compte des disparités géographiques et des difficultés d’accès à certaines provinces.

Elle préconise ensuite l’organisation de consultations directes et urgentes avec les gouvernements provinciaux, les transporteurs, les coopératives agricoles et les représentants des communautés riveraines, afin de trouver des solutions adaptées aux réalités locales.

La troisième proposition concerne l’instauration d’une période de transition réaliste permettant aux opérateurs de transport de se conformer progressivement aux normes en vigueur. Cette transition devrait s’accompagner d’un renforcement immédiat des contrôles relatifs à la sécurité technique des embarcations et aux conditions de chargement.

Par ailleurs, l’activiste appelle à clarifier et à accélérer le déploiement du programme de fabrication d’embarcations à coque en acier. Elle recommande notamment la mise en place d’un calendrier transparent ainsi que de mécanismes d’acquisition subventionnés ou accessibles aux artisans locaux.

Enfin, elle insiste sur la nécessité de garantir des solutions alternatives de transport viables et concrètes avant toute application d’une mesure de suspension généralisée.

Concilier sécurité fluviale et développement économique

Dans son plaidoyer, Plamedi Bamatafe reconnaît l’importance de la sécurité sur les cours d’eau et les lacs de la République démocratique du Congo. Toutefois, elle estime que les mesures prises dans ce domaine doivent également tenir compte des réalités socio-économiques des populations qui dépendent directement du transport fluvial.

Selon elle, l’enjeu consiste à prévenir les risques liés à la navigation sans condamner les communautés riveraines à l’isolement, à la précarité et aux difficultés d’approvisionnement.

Elle invite ainsi le gouvernement à privilégier une politique de transition qui associe les impératifs de sécurité à des mesures d’accompagnement économique et social.

En conclusion de sa correspondance, l’activiste exprime sa confiance dans la capacité des autorités à privilégier le dialogue et une approche progressive dans la gestion de ce dossier.

Elle espère que son appel, qu’elle présente comme une démarche citoyenne fondée sur le patriotisme et la solidarité envers les populations du Congo profond, retiendra l’attention du Vice-Premier ministre chargé des Transports.

À travers cette initiative, Plamedi Bamatafe remet au centre du débat la question de l’accessibilité des territoires enclavés et de la protection des moyens de subsistance des communautés riveraines, tout en soulignant la nécessité de renforcer la sécurité de la navigation sur les voies fluviales du pays.

Franck YENGA
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