Face aux tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo, Patrick Opola Mupasa, manager national du Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH-RDC), lance un appel à la responsabilité nationale.
Préoccupé par les informations faisant état d’un rapprochement entre l’ancien président Joseph Kabila et des responsables de l’AFC/M23, notamment Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, il met en garde contre toute dynamique susceptible d’aggraver les violences.
Dans une déclaration faite à la presse tôt le matin de ce mardi 13 octobre, il rappelle que les conflits armés dans l’Est du pays ont déjà entraîné plusieurs pertes en vies humaines, des déplacements massifs des populations, des violences sexuelles et la destruction de biens.
Pour lui, les ambitions politiques ne doivent plus se faire au détriment des populations civiles, dont la protection doit demeurer une priorité absolue.
Patrick Opola Mupasa estime que les différends politiques et les frustrations institutionnelles doivent être réglés par des voies pacifiques, et non par les armes. Il interpelle particulièrement Joseph Kabila, l’invitant à mettre son expérience politique au service de l’apaisement, de la réconciliation nationale et de la recherche d’une paix durable.
Le manager national du BIDH-RDC insiste également sur la nécessité de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale, tout en appelant à examiner, sur la base de preuves vérifiables, les accusations d’ingérence extérieure, de soutien aux groupes armés et d’exploitation illégale des ressources naturelles.
Il met en garde contre toute confusion entre les populations congolaises et rwandaises et les responsabilités de leurs dirigeants ou des groupes armés.
Pour sortir durablement de la crise, le BIDH-RDC plaide pour un dialogue inclusif, crédible et respectueux de la Constitution, associant les acteurs politiques, la société civile et les populations affectées. Ce processus devrait garantir la cessation des hostilités, la protection des civils, le suivi des engagements, la justice, la lutte contre l’impunité et la réconciliation nationale, sans se limiter à un partage de pouvoir entre élites.
Patrick Opola Mupasa appelle ainsi Joseph Kabila, les responsables de l’AFC/M23, les autorités congolaises, les dirigeants régionaux et la communauté internationale à privilégier une solution politique, à soutenir la protection des civils et à placer l’intérêt supérieur du peuple congolais au-dessus des ambitions individuelles.
Il souligne enfin que la paix doit s’accompagner d’une gestion transparente des ressources naturelles et d’une amélioration concrète des conditions de vie. « La RDC n’a pas besoin d’une nouvelle guerre pour régler ses différends politiques », insiste en substance le manager national du BIDH-RDC, qui réaffirme l’engagement de son organisation en faveur de la paix, de la souveraineté nationale, des droits humains et de la protection des populations civiles.
Rédaction.
